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Patrimoine - Laissez vous conter
Le quartier de Kerandon

Ce document a été réalisé en décembre 2008 dans le cadre du Contrat Urbain de Cohésion Sociale (CUCS)

Les matériaux de l’urbanisme sont le soleil, les arbres, le ciel, l’acier, le ciment, dans cet ordre hiérarchique et indissolublement.

Charles-Edouard Jeanneret dit Le Corbusier (1887-1965)

Nom d’un quartier

Avant l’apparition de ses immeubles caractéristiques, Kerandon est le nom d’une ferme de la paroisse de Beuzec attestée depuis le XVIIIe siècle.

Kerandon est issu du breton ker andon qui signifie le village de la source. Aujourd’hui, on connaît également le quartier comme le village des trois fontaines. La présence d’eau sur ces terres est suffisamment importante pour que la toponymie du lieu en rende compte.

En effet, avant d’être canalisées dans le réseau d’eau pluviale, de nombreuses sources jaillissaient et ruisselaient vers la mer. La cascade de Kerandon, qui donne d’ailleurs son nom à une rue est une conséquence de la canalisation des eaux pluviales.

Il existe deux lavoirs à Kerandon, le plus ancien a été mis au jour en 2006. Il avait été recouvert d’imposantes dalles de granite peut-être à l’occasion de la construction d’un second de plus grande taille. Aujourd’hui public, le lavoir pouvait être était mis autrefois à la disposition des femmes contre une journée de travail à la ferme.

Jusqu’où iras-tu Kerandon ?

Le quartier de Kerandon est symbolisé par ses immeubles et plus particulièrement la tour Quassias quisert d’amer. Mais il va au-delà de cet ensemble immobilier implanté sur 6 hectares 60.

En effet, à l’est le bois de Kerandon borde l’ensemble immobilier et marque une séparation avec la route nationale 783 qui relie Quimper à Quimperlé.

L’usine Carnaud Metal Box (ancienne société des boîtes métalliques d’Arvor) marque la limite ouest tandis que le lotissement de Kerfeunteun et le centre de secours (ancienne usine J. J. Carnaud) circonscrivent le quartier au sud.

Au nord, le quartier de Kerandon est en pleine expansion grâce à la construction de petits collectifs et de maisons individuelles sur 4,5 hectares.

Kerandon, une cité nécessaire

Dans les années 1950, avec l’expansion du port de pêche et l’insalubrité des habitations en Centre ville, Concarneau connaît une crise du logement. La ville a alors besoin de 1500 logements supplémentaires pour satisfaire les attentes de la main d’oeuvre qualifiée ainsi que pour anticiper son extension.

Après recherches, un terrain agricole à seulement 1000 mètres du centre ville et 800 du port est retenu pour doter la ville de logements modernes. Sa principale qualité: une vue imprenable sur la baie de la Forêt vers l’ouest et sur le Cabellou à l’est.

À l’époque sa situation est périphérique au centre ville, désormais il est partie intégrante de l’agglomération. Le 19 novembre 1958 est un jour mémorable pour le quartier. Il donne d’ailleurs son nom à la rue d’accès principal à la cité.

En effet, la première pierre de l’immeuble les amandiers est posée en présence de Charles Linement, Maire de Concarneau, ses adjoints, les conseillers municipaux, le secrétaire général des services, les architectes Landelle, Deyrolle, Bigio, l’ingénieur des Ponts et Chaussés Auffret et la famille Rouat, ancienne propriétaire de la parcelle.

Quelle architecture?


Signature de l'architecte

Résolument moderne pour les années 1950, l’architecture de la cité HLM de Kerandon propose des solutions innovantes pour améliorer la qualité de vie des habitants. L’architecte Landelle a ainsi pensé un plan avec un minimum de voierie pour assurer le calme et la sécurité dans le quartier.

Il anticipe également le besoin en place de parking. De grands espaces tranquilles sont imaginés pour que les enfants puissent jouer en sécurité. Des aires de jeu, des bacs à sable, des espaces verts, un centre commercial, une école maternelle donnent de la valeur à la cité qui possède de nombreux atouts pour un confort de vie optimum.

La qualité de vie est également présente à l’échelle de l’appartement. Pour la première fois à Concarneau on sépare les trois fonctions essentielles: repas, séjour, sommeil afin de respecter les exigences de la vie commune et individuelle.

Les 20 barres et la tour correspondant à 700 logements sont construits rapidement de 1958 à 1968. Afin de se repérer dans ce vaste ensemble, des noms d’arbres sont attribués aux immeubles initialement désignés par des lettres. Ainsi le bâtiment A devient les Amandiers, B les Bouleaux...

Pour répondre au besoin de construire vite et à coût réduit, les architectes ont opté pour des éléments en béton et préfabriqués. En quelques années, les habitants du quartier ne peuvent que constater le manque de qualité de ces matériaux pourtant jugés idéaux à l’époque de leur mise en oeuvre.

En 1967, alors que l’ensemble n’est pas achevé, on constate déjà la dégradation de certains appuis de fenêtre et des problèmes d’isolation phonique.

La rénovation urbaine

Au fil des années le quartier perd son caractère moderne et les habitants ne prennent plus plaisir à y habiter. A partir des années 1980 des mesures sont prises pour le réhabiliter.

On apporte des améliorations aux immeubles et aux appartements. On y intègre également de nouveaux équipements communs tels que le centre social, une crèche, une Maison Pour Tous, une salle paroissiale, une pharmacie et un cabinet médical. Puis la Sécurité sociale et La Poste intègrent le quartier.

Dans le même temps, il est décidé d’aménager un chemin entre Maison Blanche et le secteur portuaire afin de désenclaver la cité et créer des liaisons piétonnes. De plus en plus les espaces verts sont pris en considération. Ainsi depuis 2004 un jardin potager est entretenu grâce à l’association des jardins partagés de Kerandon. De même, un itinéraire de randonnée, le circuit des trois Vallées, permet de découvrir le quartier.

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